TVA auto-entrepreneur artisan : seuils, franchise et passage au régime réel
Vous venez de décrocher un beau chantier, votre carnet de commandes se remplit, et soudain une question s'impose : est-ce que je dois facturer la TVA ? Pour un artisan en auto-entreprise, ce sujet peut vite devenir un casse-tête. Pourtant, les règles sont claires — à condition de bien les connaître. Seuils à respecter, dépassement à anticiper, première facture avec TVA à émettre : voici tout ce que vous devez savoir pour ne pas prendre de mauvaise surprise.
La franchise en base de TVA : ce que ça signifie concrètement
Le principe de la franchise
En tant qu'auto-entrepreneur artisan, vous bénéficiez par défaut du régime de franchise en base de TVA. Concrètement, cela signifie que vous ne collectez pas la TVA sur vos factures, et que vous ne la déduisez pas non plus sur vos achats. Vos devis et factures affichent la mention obligatoire : "TVA non applicable — article 293 B du CGI".
Ce régime a un avantage indéniable : votre prix de vente reste compétitif face à des particuliers qui ne récupèrent pas la TVA. Un plombier auto-entrepreneur qui facture 1 000 € HT n'a pas à ajouter 200 € de TVA. C'est net, simple, sans déclaration mensuelle ou trimestrielle.
Le seuil TVA artisan 2026 à retenir absolument
En 2026, le seuil de franchise TVA BTP applicable aux artisans prestataires de services (ce qui inclut l'écrasante majorité des métiers du bâtiment) est fixé à 91 900 € de chiffre d'affaires annuel. Tant que vous restez en dessous, pas de TVA à collecter.
Mais attention : il existe aussi un seuil de tolérance à 101 000 €. Si vous dépassez les 91 900 € sans dépasser ce plafond, vous conservez la franchise pour l'année en cours. En revanche, au 1er janvier de l'année suivante, vous basculez automatiquement au régime réel.
Que se passe-t-il quand vous dépassez le seuil ?
Le dépassement en cours d'année
C'est là que beaucoup d'artisans se font surprendre. Si votre chiffre d'affaires dépasse 101 000 € en cours d'année, vous perdez le bénéfice de la franchise immédiatement, dès le premier jour du mois de dépassement. Vous devez alors :
- Informer l'administration fiscale sans délai
- Commencer à facturer la TVA sur toutes les nouvelles prestations
- Déposer une déclaration de TVA (mensuelle ou trimestrielle selon votre situation)
Exemple concret : vous êtes électricien, vous atteignez 102 000 € de CA le 18 septembre. Dès le 1er septembre, toutes vos factures doivent intégrer la TVA. Pas le 18, pas le 1er octobre : le 1er du mois de dépassement.
Anticiper plutôt que subir
Le bon réflexe, c'est de suivre votre chiffre d'affaires mensuellement. Si vous approchez des 80 000-85 000 €, commencez à vous préparer : ouvrez un compte professionnel si ce n'est pas fait, contactez un expert-comptable, et paramétrez vos outils de facturation pour intégrer la TVA. Une plateforme comme KRYVA vous permet de basculer facilement entre facturation HT et TTC, sans ressaisir chaque devis manuellement.
La première facture avec TVA : comment s'y prendre
Les mentions obligatoires
Votre première facture soumise à TVA doit respecter des règles précises. Elle doit mentionner :
- Votre numéro de SIRET
- Votre numéro de TVA intracommunautaire (à obtenir auprès du Service des Impôts des Entreprises)
- Le montant HT, le taux de TVA applicable et le montant TTC
- La suppression de la mention "TVA non applicable — article 293 B du CGI"
En BTP, le taux standard est de 20 %, mais certains travaux dans des logements de plus de 2 ans bénéficient d'un taux réduit à 10 % (rénovation, entretien) ou même 5,5 % (travaux d'amélioration énergétique). Vérifiez systématiquement le taux applicable à chaque chantier.
Obtenir son numéro de TVA intracommunautaire
Dès que vous êtes assujetti à la TVA, vous devez demander ce numéro au SIE (Service des Impôts des Entreprises) dont vous dépendez. Le délai peut varier de quelques jours à quelques semaines : anticipez cette démarche pour ne pas facturer sans numéro valide.
La récupération de la TVA : un avantage souvent sous-estimé
Ce que vous pouvez déduire
Passer au régime réel n'a pas que des contraintes. Désormais, vous pouvez récupérer la TVA sur tous vos achats professionnels : matériaux, outillage, véhicule utilitaire, carburant, logiciels métier, etc. Sur un achat de matériaux à 5 000 € TTC, vous récupérez 833 € de TVA. Sur une camionnette à 24 000 € TTC, c'est 4 000 €.
Pour un artisan BTP qui achète régulièrement des fournitures, ce mécanisme peut représenter plusieurs milliers d'euros par an de trésorerie récupérée.
Garder une organisation rigoureuse
Pour récupérer la TVA, encore faut-il conserver les justificatifs. Chaque facture fournisseur doit être archivée avec le montant de TVA clairement identifié. Un outil de gestion adapté — comme ceux proposés sur KRYVA — vous permet d'importer et d'organiser vos factures d'achat directement depuis votre smartphone, sur le chantier ou en déplacement.
FAQ — TVA auto-entrepreneur artisan
Q: Puis-je opter volontairement pour la TVA avant d'atteindre le seuil ?
R: Oui, absolument. L'option volontaire pour la TVA est possible à tout moment, même si votre chiffre d'affaires reste sous les 91 900 €. C'est parfois stratégique si vous travaillez principalement avec des professionnels (qui récupèrent la TVA) ou si vous faites des investissements importants dont vous souhaitez déduire la TVA. Cette option se demande auprès du SIE et est irrévocable pendant deux ans minimum.
Q: Est-ce que le seuil de 91 900 € s'applique à toutes les activités artisanales BTP ?
R: Ce seuil concerne les activités de prestation de services, ce qui couvre la plupart des métiers du bâtiment (maçon, électricien, plombier, peintre, etc.). Si vous exercez une activité mixte combinant vente de marchandises et prestations, des règles spécifiques s'appliquent. En cas de doute, consultez un expert-comptable ou votre SIE.
Q: Que se passe-t-il si j'oublie de facturer la TVA après dépassement du seuil ?
R: C'est une erreur qui peut coûter cher. L'administration fiscale peut réclamer la TVA que vous auriez dû collecter, majorée de pénalités et d'intérêts de retard. Si votre client est un professionnel, il pourra difficilement vous réclamer une facture rectificative a posteriori. Si c'est un particulier, vous devrez absorber la TVA sur votre marge. La vigilance en amont est donc essentielle.
Conclusion : anticipez, ne subissez pas
La TVA auto-entrepreneur artisan n'est pas une fatalité — c'est une étape normale dans la croissance de votre activité. Le vrai enjeu, c'est l'anticipation : surveiller votre chiffre d'affaires, préparer la bascule avant d'atteindre les seuils, et structurer votre facturation pour éviter toute erreur.
Plus votre activité se développe, plus la rigueur administrative devient un levier de rentabilité — notamment grâce à la récupération de la TVA sur vos achats.
Vous cherchez à simplifier votre gestion ? KRYVA automatise vos devis et factures, gère les taux de TVA applicables selon le type de chantier, et vous aide à garder une vue claire sur votre chiffre d'affaires — pour que vous puissiez vous concentrer sur ce que vous faites de mieux : votre métier.