Gestion7 min de lecture·7 avril 2026·Par Équipe KRYVA

Auto-entrepreneur dans le bâtiment : plafonds, TVA et obligations en 2026

Plafond de chiffre d'affaires, franchise de TVA, obligations spécifiques au BTP : tout ce qu'un artisan auto-entrepreneur dans le bâtiment doit savoir en 2026.

Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise) est très répandu chez les artisans du bâtiment qui démarrent. Mais ce statut a des limites importantes, notamment en termes de chiffre d'affaires et d'obligations spécifiques au BTP. Voici ce que vous devez absolument savoir en 2026.

Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026

Plafond pour les prestations de services artisanales

Les artisans du bâtiment (maçon, électricien, plombier, peintre, couvreur...) exercent une activité de prestations de services artisanales. Le plafond de chiffre d'affaires applicable est :

  • Plafond annuel : 83 600 € HT (chiffre d'affaires réalisé sur 12 mois glissants — revalorisé au 1er janvier 2026, source : autoentrepreneur.urssaf.fr)

Si vous exercez depuis moins d'un an, ce plafond est proratisé au nombre de jours d'activité dans l'année.

Seuil de tolérance

Si vous dépassez le plafond de 83 600 € pendant deux années civiles consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel d'imposition à partir du 1er janvier de la troisième année. Si vous dépassez lors d'une seule année, vous conservez le régime micro pour l'année suivante.

Plafond de la franchise de TVA

La franchise de TVA (exonération de collecte de TVA) a ses propres seuils :

  • Seuil de base : 37 500 € de CA annuel
  • Seuil majoré : 41 250 € (tolérance si dépassement du seuil de base)

Au-delà du seuil majoré ou lors d'un dépassement du seuil de base deux années de suite, vous devenez redevable de la TVA dès le 1er du mois de dépassement. Vous devez alors facturer la TVA à vos clients et la reverser à l'État.


Les spécificités du BTP pour l'auto-entrepreneur

L'immatriculation au Répertoire des Métiers

Contrairement aux professions libérales, les artisans du bâtiment doivent s'immatriculer au Répertoire des Métiers (RM) même sous le statut d'auto-entrepreneur. Cette immatriculation est obligatoire et entraîne :

  • Le paiement d'une taxe pour frais de chambre (CFE métiers) en plus des charges sociales
  • L'obligation de stage préalable à l'installation (SPI) sauf si vous justifiez d'une expérience ou d'un diplôme dans le métier

Le stage de préparation à l'installation

Le SPI est un stage de 30 heures organisé par votre Chambre de Métiers et de l'Artisanat. Son coût varie de 200 à 400 € selon les régions. Il peut être dispensé si vous êtes diplômé (CAP, BEP, BTM, Bac Pro...) ou si vous justifiez de 3 ans d'expérience dans le métier.

Obligations liées au BTP

En tant qu'artisan BTP, même auto-entrepreneur, vous êtes soumis à toutes les obligations professionnelles :

  • Assurance décennale obligatoire pour les travaux de construction et de rénovation (voir notre guide dédié)
  • Attestation TVA à faire remplir par vos clients pour facturer à taux réduit (même en franchise de TVA, vos clients peuvent bénéficier du taux réduit si vous optez pour la TVA)
  • Carte BTP obligatoire pour les salariés (pas applicable si vous êtes seul, sans salarié)
  • Qualification professionnelle requise pour certains travaux (gaz, électricité, amiante...)

Le taux de cotisations sociales en 2026

En micro-entreprise (régime auto-entrepreneur), vos cotisations sociales sont calculées comme un pourcentage de votre chiffre d'affaires encaissé :

| Type d'activité | Taux de cotisations sociales | |-----------------|------------------------------| | Vente de marchandises | 12,3 % | | Prestations de services artisanales | 21,2 % | | Prestations de services commerciales | 21,2 % |

Pour les artisans BTP en prestations de services artisanales, le taux est de 21,2 % du CA HT encaissé (ou TTC si vous n'êtes pas assujetti à la TVA).

Exemple : CA encaissé en mars 2026 = 6 000 €. Cotisations dues = 6 000 × 21,2 % = 1 272 €.


L'option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu

Les auto-entrepreneurs peuvent opter pour le versement libératoire de l'IR (sous conditions de revenus du foyer fiscal). Dans ce cas, l'impôt sur le revenu est prélevé en même temps que les cotisations sociales, à un taux additionnel de 1,7 % pour les prestations artisanales.

Taux total avec versement libératoire : 21,2 % + 1,7 % = 22,9 % du CA.

Cette option est avantageuse si votre taux marginal d'imposition est supérieur à 1,7 % appliqué sur votre CA — ce qui est presque toujours le cas dès lors que vous dépassez la tranche d'imposition à 11 %.


Quand faut-il changer de statut ?

Le régime auto-entrepreneur a des avantages indéniables (simplicité, pas de comptabilité, cotisations proportionnelles au CA) mais il devient vite limitant :

Les signaux qui indiquent qu'il faut passer à une autre structure

1. Vous approchez du plafond de 77 700 € Au-delà, vous basculez au réel — autant l'anticiper et choisir votre structure en amont.

2. Vous avez des charges importantes En micro, vous êtes taxé sur le CA, pas sur le bénéfice. Si vous avez des achats de matériaux importants (50 % ou plus de votre CA), votre résultat réel est bien inférieur à l'abattement forfaitaire de 50 % prévu par le régime micro. Vous payez trop de charges et d'impôts.

3. Vous voulez embaucher Un auto-entrepreneur peut embaucher, mais la gestion devient rapidement complexe. L'EURL ou la SARL offrent un cadre plus adapté.

4. Vous investissez dans du matériel coûteux En micro, vous ne pouvez pas déduire vos amortissements. Un passage au régime réel vous permet de déduire vos investissements.

Les alternatives au statut auto-entrepreneur

  • EI au réel (Entreprise Individuelle) : plus de déductions, comptabilité obligatoire, même responsabilité personnelle
  • EIRL (supprimé depuis 2022, remplacé par EI à responsabilité limitée)
  • EURL (SARL à associé unique) : patrimoine personnel protégé, option IS possible
  • SASU : président assimilé salarié, meilleure protection sociale mais charges plus élevées

Les erreurs courantes des artisans auto-entrepreneurs

Oublier l'assurance décennale : le statut auto-entrepreneur ne dispense d'aucune obligation professionnelle. L'assurance décennale est obligatoire dès le premier chantier.

Ne pas déclarer un mois sans CA : même si vous n'avez rien encaissé, vous devez déclarer 0 € dans les délais (mensuel ou trimestriel selon votre option). Une déclaration manquante entraîne une taxation forfaitaire.

Confondre CA encaissé et CA facturé : en micro, vous déclarez ce que vous avez réellement encaissé dans le mois, pas ce que vous avez facturé. Si votre client paie en février une facture de janvier, c'est en février que vous déclarez.

Négliger le seuil de TVA : si vous dépassez 41 250 €, vous devenez assujetti à la TVA immédiatement, même si vous n'avez pas encore adapté vos factures. Surveillez votre CA mensuel.

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